NOTIONS DE TOXICOLOGIE – Docteur Dominique Jégaden

Introduction

Généralités sur la toxicologie industrielle

Notion d’exposition

Notion de contamination

Notion d’intoxication

Principes de dépistage et de surveillance

Principes de prévention

 

Introduction

Le risque chimique est le risque lié au contact avec des produits chimiques professionnels. C’est le domaine de la toxicologie industrielle. Cette discipline a pour objet l’étude :
De l’exposition des salariés aux produits
Des symptômes et des signes d’intoxication 
Des moyens de dépistage, de traitement et de prévention des intoxications.

Généralités sur la toxicologie industrielle

Schéma général du processus d’intoxication

Pour être intoxiqué, il faut avoir été obligatoirement contaminé, et pour être contaminé, il faut obligatoirement avoir été exposé. Par contre, on peut très bien être contaminé sans pour autant passer au stade de l’intoxication. On peut être exposé sans forcément être contaminé (si on a une bonne protection).

Notion d’exposition

Il s’agit de la pollution du milieu extérieur par un toxique mettant en contact celui-ci avec un organisme vivant.
Les toxiques peuvent revêtir plusieurs formes physiques :
Gaz et vapeurs
Liquides (en aérosols)
Solides (poussières en suspension, fibres…)
Les voies et les modalités d’absorption seront différentes selon le type physique.
L’environnement physique est également important :
Extérieur, à l’air libre
Local fermé, confinement plus ou moins important, aération ou ventilation plus ou moins efficace…
VLE : valeur limite d’exposition

é

valeur-seuil qu’il ne faut pas dépasser sur une courte durée , au risque d’une intoxication aiguë

VME :

valeur moyenne d’exposition

é

valeur-seuil qu’il ne faut pas dépasser sur une période de 8 heures, au risque d’une intoxication chronique

Généralités sur la toxicologie industrielle

Schéma général du processus d’intoxication

Pour être intoxiqué, il faut avoir été obligatoirement contaminé, et pour être contaminé, il faut obligatoirement avoir été exposé. Par contre, on peut très bien être contaminé sans pour autant passer au stade de l’intoxication. On peut être exposé sans forcément être contaminé (si on a une bonne protection).

Notion d’exposition

Il s’agit de la pollution du milieu extérieur par un toxique mettant en contact celui-ci avec un organisme vivant.
Les toxiques peuvent revêtir plusieurs formes physiques :
Gaz et vapeurs
Liquides (en aérosols)
Solides (poussières en suspension, fibres…)
Les voies et les modalités d’absorption seront différentes selon le type physique.
L’environnement physique est également important :
Extérieur, à l’air libre
Local fermé, confinement plus ou moins important, aération ou ventilation plus ou moins efficace…
Notions de VLE et de VME :
VLE : valeur limite d’exposition

é

valeur-seuil qu’il ne faut pas dépasser sur une courte durée , au risque d’une intoxication aiguë

VME :

valeur moyenne d’exposition

é

valeur-seuil qu’il ne faut pas dépasser sur une période de 8 heures, au risque d’une intoxication chronique.

Ces valeurs sont indicatives (sauf les valeurs réglementaires pour 4 produits en France). Ce sont des valeurs administratives, adoptées par une commission.

3- Notions de contamination

La contamination englobe plusieurs phases successives ou contemporaines, à l’intérieur de l’organisme.
La Pénétration dans l’organisme :
Absorption :
L’absorption est le passage du toxique du milieu extérieur vers l’intérieur de l’organisme. Les voies d’absorption sont :
La voie pulmonaire (la plus fréquente). Les toxiques gazeux pénètrent jusqu’aux alvéoles et passent dans le sang au travers de la paroi alvéolaire, en suivant le même trajet que l’oxygène et le gaz carbonique.
La voie cutanée : c’est surtout la voie d’absorption de produits solubles dans les graisses (solvants)
La voie digestive : elle intéresse surtout les liquides et certains solides, soit par ingestion directe (ingestion par mégarde ou par tentative de suicide), soit par ingestion secondaire (toxiques initialement passés par voie pulmonaire et rejetés par les glaires, secondairement réingérées, toxiques éliminés par la salive secondairement réingérée)
Distribution
Une fois passée la barrière de l’organisme, le toxique se retrouve dans le sang circulant et donc "distribué" dans tout l’organisme. C’est ainsi qu’il va pouvoir se concentrer dans certains organes dits "organes-cibles".
Des "barrières" protègent certains organes contre certains toxiques : la barrière hémato-encéphalique, la barrière placentaire,…
Stockage
Certains toxiques se concentrent préférentiellement dans des organes et y séjournent quelquefois très longtemps : les solvants se concentrent dans les tissus adipeux, les métaux se concentrent dans le tissu osseux.
Le foie et le rein sont les principaux organes au sein desquels se transforment les toxiques, grâce à des enzymes, en des produits généralement moins dangereux, qui seront éliminés secondairement. Il peut arriver que ce soit le métabolite qui soit toxique.
C- L’élimination du toxique de l’organisme
Une petite partie des toxiques peut être éliminée dans leur forme chimique initiale soit par voie pulmonaire, soit dans les urines.
Mais généralement, le toxique est éliminé par voie urinaire sous la forme de son (ses) métabolite(s).
La voie biliaire est une voie annexe d’élimination , lorsque les éléments sont de gros poids moléculaire.
Enfin quelques voies d’élimination secondaires existent: salive, sueur, phanères, lait maternel)

3- Notions de contamination
La contamination englobe plusieurs phases successives ou contemporaines, à l’intérieur de l’organisme.
La Pénétration dans l’organisme :

Notion d’exposition

Il s’agit de la pollution du milieu extérieur par un toxique mettant en contact celui-ci avec un organisme vivant.
Les toxiques peuvent revêtir plusieurs formes physiques :
Gaz et vapeurs
Liquides (en aérosols)
Solides (poussières en suspension, fibres…)
Les voies et les modalités d’absorption seront différentes selon le type physique.
L’environnement physique est également important :
Extérieur, à l’air libre
Local fermé, confinement plus ou moins important, aération ou ventilation plus ou moins efficace…
Notions de VLE et de VME :
VLE : valeur limite d’exposition

é

valeur-seuil qu’il ne faut pas dépasser sur une courte durée , au risque d’une intoxication aiguë

VME :

valeur moyenne d’exposition

é

valeur-seuil qu’il ne faut pas dépasser sur une période de 8 heures, au risque d’une intoxication chronique.

Ces valeurs sont indicatives (sauf les valeurs réglementaires pour 4 produits en France). Ce sont des valeurs administratives, adoptées par une commission.
3- Notions de contamination
La contamination englobe plusieurs phases successives ou contemporaines, à l’intérieur de l’organisme.
La Pénétration dans l’organisme :
Absorption :
L’absorption est le passage du toxique du milieu extérieur vers l’intérieur de l’organisme. Les voies d’absorption sont :
La voie pulmonaire (la plus fréquente). Les toxiques gazeux pénètrent jusqu’aux alvéoles et passent dans le sang au travers de la paroi alvéolaire, en suivant le même trajet que l’oxygène et le gaz carbonique.
La voie cutanée : c’est surtout la voie d’absorption de produits solubles dans les graisses (solvants)

4- Notion d’intoxication
L’intoxication est l’apparition de signes biologiques ou cliniques pathologiques provoqués par le toxique. L’existence de métabolites n’est pas considérée comme un signe pathologique et ne signe que la contamination.
L’intoxication est donc un dysfonctionnement d’une fonction pouvant aller jusqu’au trouble pathologique, à la maladie aiguë ou chronique: c’est la conséquence pathogène de la contamination.

Notion d’organe-cible

: il s’agit d’un organe particulièrement sensible à l’action d’un toxique. On connaît ainsi le pouvoir neurotoxique , néphrotoxique (rein) ou hépatotoxique (foie) de certaines substances.

Intoxications aiguës

: Elles surviennent après l’absorption importante en un temps court. Les signes cliniques sont nets, souvent alarmants, quelquefois mortels. Certaines catastrophes écologiques ont provoqué de nombreux cas d’intoxications aiguës graves et souvent mortelles, comme l’le drame de Bhopal (Inde) qui a provoqué des milliers de morts par intoxication aiguë aux isocyanates. Plus banalement, on est confronté à des intoxications aiguës par monoxyde de carbone (CO), par solvants …

Intoxications chroniques

: ce sont des intoxications insidieuses, au long cours. Il s’agit généralement d’une atteinte chronique d’une fonction ou d’un organe, réversible à l’arrêt de l’intoxication ou continuant à évoluer pour son propre compte. On peut ainsi avoir :

Des atteintes neurologiques centrales (encéphalopathies), ou périphériques (polynévrites) avec le plomb, ou avec certains solvants (hexane)
Des atteintes des reins : avec les métaux lourds (plomb, mercure, cadmium). On se souviendra de la maladie de Minamata, intoxication au mercure liée à l’absorption de chair de poisson, lui-même intoxiqué par des déversions de mercure dans la mer dans la baie de Minamata au Japon.
Des atteintes hépatiques : avec certains solvants (tétrachloréthylène)
Des atteintes pulmonaires (fibroses) : amiante, fer…
Le problème le plus important des intoxications chroniques est celui de la cancérogénicité des produits chimiques.
Le Centre International de Recherche sur le Cancer ( CIRC) a établi une liste de produits selon leur risque cancérogène pour l’Homme, avec 4 groupes :

Groupe 1 :

cancérogènes certains pour l’homme

Par exemple: benzène (leucémies), amiante (mésothéliomes), fumées de tabac (cancers du poumon et de la vessie), béryllium, cadmium, chrome (cancers du poumon), chlorure de vinyle (cancer du foie), rayonnement solaire (cancers de la peau)

Groupe 2 :
Sous-groupe 2A :

cancérogènes probables

Sous-groupe 2B :

cancérogènes possibles

Groupe 3 :

Absence d’indications

Groupe 4 :

Non cancérogènes pour l’homme

Toute cette classification est en perpétuel remaniement, avec l’accumulation des connaissances. Il s’agit d’un problème important compte tenu des répercussions à long terme que cela peut avoir. L’amiante est là pour nous rappeler que l’absence de prise de décisions à un moment donné peut avoir des conséquences dramatiques plusieurs dizaines d’années plus tard.
5- Principes de dépistage et de surveillance :
Au niveau de l’exposition :

Dosage du toxique dans l’air

:

Il se fait généralement à l’aide d’appareils (pompes Draëger) qui fonctionnent sur le même principe que l’alcootest : on fait passer un certain volume d’air dans un tube réactif qui réagit en changeant de couleur si la substance recherchée est présente. Ce système peut aussi donner une idée de la quantité de substance existante et apprécie la VLE.
.

Surveillance des VLE et des VME :

Certains appareils de dosage continu d’une substance dans l’air équipent des ateliers dans lesquels des substances chimiques sont utilisées : appareils de chromatographie en phase gazeuse ou des spectromètres de masses atomiques. A l’aide de sondes à poste, ces appareils donnent en permanence la dose de produit dans l’atmosphère et donc apprécie de manière précise la VLE et la VME, mais seulement au niveau de la sonde !.
On peut aussi utiliser des systèmes individuels du type gasbadges qui apprécient mieux la dose inhalée par chaque opérateur équipé. Le problème est dans le coût de ces systèmes qu’il faut changer tous les jours et faire analyser.

Au niveau de la contamination :

Il s’agit ici essentiellement du dosage du toxique ou, plus communément de ses métabolites dans les urines et plus rarement dans le sang.

On dosera par exemple l’acide trans muconique dans les urines pour apprécier la contamination par le benzène, l’acide hippurique pour le toluène… L’intérêt de la méthode est qu’elle tient compte de toutes les voies de pénétration dans l’organisme., le métabolite étant le reflet de l’ensemble du toxique absorbé quelle que soit la voie d’absorption.

Dans certains cas on utilise des dosages intéressant d’autres voies d’élimination, comme la salive (recherche de drogues) ou même les cheveux (recherche de mercure par exemple).

6- Principes de prévention
prévention collective :

Si le produit est très dangereux : interdiction d’utilisation du produit (amiante par exemple)
Si le produit est très dangereux, mais indispensable à certaines fabrications : travail en circuit fermé (benzène, chlorure de vinyle)
Si le produit est dangereux : limitation du dosage dans des mélanges (benzène : moins de 0,1%)

Toujours chercher à remplacer un produit par un autre moins dangereux, à efficacité égale.

Bien ventiler l’atelier
Aspirer les émanations à la source
Traiter les déchets selon les réglementations en vigueur (Normes ISO 14000 pour l’environnement)
Obligation à l’employeur de détenir les fiches de données de sécurité de chaque produit employé dans l’entreprise. Obligation au fournisseur de les adresser en français.

prévention individuelle :

Porter des protections individuelles adéquates : combinaisons, masques, gants, bottes (vérifier la résistance de ces éléments au produit)
Interdiction de fumer, boire et manger sur les lieux de travail
Importance de l’hygiène corporelle : douches après travail, se laver les mains avant de manger et de fumer. Problème de l’onychophagie (ronger ses ongles) qui peut être une porte d’entrée.
OBLIGATION D’INFORMATION sur les risques pour les salariés par l’employeur.
 
Docteur Dominique Jégaden

A propos thanatofrance

Souhaitant promouvoir la profession de thanatopracteur et d'élaborer également une aide aux étudiants thanatopracteurs, des thanatopracteurs professionnels ainsi qu'un collège de thanatopracteurs avons souhaité mettre en ligne ce site qui nous l'espérons vous apportera toutes les aides en vue de la préparation au diplôme National de Thanatopracteur. Toutes suggestions étant bien venues ! Le Président. POLIMENI Carmel.
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