REPERES POUR LA CELEBRATION DES FUNERAILLES.

 
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Dictionnaire intégré, mots et expressions en violet.
 
bullet– PSYCHOSOCIOLOGIE
DE LA MORT.
 
Nous célébrons souvent des funérailles chrétiennes : elles sont organisées autour d’un défunt qui fait partie de la communauté chrétienne, par une famille chrétienne, pour une assemblée dont, la grande majorité des membres fait référence à la foi chrétienne : attachement à Jésus-Christ, confession de la Résurrection du Christ comme annonce de notre propre résurrection, appartenance à l’institution chrétienne (église catholique église-soeurs).
 
Mais, parfois, nous sommes sollicités pour une célération à l’église où ces considérations optimales ne sont pas remplies :
 
– Incertitude sur l’appartenance du défunt à la communauté chrétienne ;
– Doute des membres de sa famille à l’égard de la proclamation pascale ;
– Participation d’un grand nombre de personnes indifférentes (ou même hostiles) à l’adhésion ecclésiale.
 
Que faire alors ?
 
I – Une première solution  consiste à peu tenir compte de cette situation : la diversité spirituelle des personnes qui se rassemblent, dans l’église autour du défunt et de sa famille. Alors nous assurons une célébration dont les paroles et les gestes font explicitement référence à la pratique ecclésiale ordinaire.
Ainsi ceux qui se joignent aux chrétiens, prsents et acteurs de la célébration, respectueux des rites funéraires dont l’Eglise entoure l’un de ses membres.
On aura seulement la précaution de ne pas faire comme si tous les présents étaient chrétiens – croyants et à ne pas sous-entendre une adhésion de leur part à ce qui est célébré. Cela pourra être souligné, par exemple, dans le mot d’accueil, ou dans les mots qui précèdent la récitation du "Notre Père", ou dans ceux qui invitent à la communion si la célébration est faite avec l’Eucharistie. 
L’avantage d’une telle solution : donner à voir et à entendre la pratique et la croyance chrétienn à des personnes qui l’ignorent ou qui s’en sont, détachées.
L’inconvénient : les laisser quelque peu à l’extérieur de la célébration, même si elles sont entrées dans l’édifice-église pour se joindre à la famille et marquer leurs liens au défunt.
 
II – Une deuxième solution consiste à saisir l’occasion de cette présence de personnes plus ou moins étrangères à la foi chrétienne pour faire une annonce de cette fois.
 
Texte de  Père Christian BIOT  14  février 1988.
 
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La célébration prends alors une visée catéchétique dont la pédagogie pourra être soit inductive, soit déductive :
– inductive : On part de la situation du défun et on essaie de montrer qu’à travers cet, homme, sa conduite, ses choix, sa mort, nous sommes renvoyés à une interrogation sur le sens de la vie. La croyance chrétienne est alors proposée comme clef de ce sens.
– déductive : on part de l’affirmation chrétienne (l’amour sauveur de Dieu et la résurrection du Christ) pour dire que cette parole de foi s’adresse au défunt et à tous, qu’elle s’est plus ou moins incarnée dans l’existence du défunt.
 
La célébration est vécu comme démonstration ( = mise en scène) et explication de la foi de l’Eglise. Cela est proposé à tous ceux quisont entrés dans le sanctuaire pour accompagner le défunt et sa famille.
Mais cette exposition, cette proclamation ne se situe pas dans une relation dialoguée. Car la célébration n’est pas un lieu de débat, d’interpellation où la parole peut circuler entre les personnes présentes. Il y a une "proclamation" qui est émise par un seul émetteur (le célébrant et ses acolytes) ; il y a un seul récepteur (les présents) qui n’ont pas présentement leur mot à dire. C’est une catéchèse "à sens unique".
 
III – Une troisième solution prend davantage en compte la composition diverse de l’assemblée pour proposer des paroles qui peuvent s’ouvrir sur plusieurs interprétations, chrétiennes ou autres.
 
Deux éléments sont à la base de cette solution.
 
I. L’ébranlement des certitudes : Rassemblés autour d’un défun, nous sommes tous confrontés à la mort : limite, séparation, rupture. Devant cet événement qui fait problème, nos solutions  (c’est-à-dire nos croyances) sont différentes.
Il s’agit alors de solliciter ou de rendre possible un léger déplacement des croyances de chacun. La célébration peut-elle constituer un des moments, parmi d’autres, par lequel nos croyances (nos certitudes) sont ébranlées, mises en question, déplacées ?
Cette question renverse l’objectif habituel de la célébration (liturgique ou patriotique) qui est de consolider l’unanimité et  d’affermir les convictions partagées.
Aussi, cette question manque, peut-être, de pertinence.
Cependant, nous essayaons de préciser :
Dans le petit ouvrage né d’un atelier de la faculté catholique de Lyon "Laisser les morts enterrer leurs morts" est proposé un shéma simple (voir annexe) sur le signe de la Pâque, c’est-à-dire  des passages que l’homme (individuel ou collectif) peut accomplir dans ses conceptions de la vie et de la mort et dans les pratiques qui en découlent. Le schéma présente trois étapes ; (agnostique, religieuse, chrétienne ) ; la réalité est sûrement plus variée que cela.
 

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Or la rencontre de la mort d’autrui n’est elle pas un des moments possibles où ces passages s’accomplissent, dans un sens ou dans l’autre ? Il semble bien que les émotions et les chagrins autour des défunts traduisent les liens affectifs, mais aussi l’interrogation sur soi-même, sur notre conditio de mortel et sur notre avenir.
 
Note : Dans le récit de la résurrection de Lazare, cet ébranlement des certitudes est tenté par Jésus auprès de Marthe.
 
2.  Des textes polysémiques :  En puisant dans la tradition judéo-chrétienne ou dans d’autres traditions, en proposant ou en
acceptant des textes littéraires, l’objectif est, peut-être, d’offrir aux membres de l’assemblée des éléments dans lesquels chacun peut y trouver sa pâture, sur lesquels chacun peut prendre appui pour un déplacement des ses croyances.
 
Dans l’atelier "célébrer les funérailles" nous avons commencé un inventaire des thème qui peuvent ouvrir à plusieurs systèmes de croyances :
– la semence (abandon de soi-même comme lieu et cause de fécondité),
– la traversée… sur l’autre rive (lâcher les amarres),
– la rencontre de la "Parole" (qui délivre de l’opacité des corps et du besoin d’accaparer),
– la re-lecture de la vie (Emmaus)
– la remise de soi à un autre
 
On évite évite "d’enfermer" dans le champ des croyances chrétiennes des thèmes qui y trouvent bien, pour nous, leur accomplissement.
 
IV. Une quatrième solution  est l’acceptation de fournir une prestation sociale. Des personnes nous sollicitent pour des funérailles chrétiennes bien qu’ils ne fassent pas référence au système chrétien, ni parfois à un système religieux bien organisé. Ce qui les motive, c’est "de ne pas enterrer l’un des leurs comme un chien". En effet jusqu’à présent, la société civile n’a pas pu (ou su, ou voulu) organiser des funérailles dignes – sauf pour quelques personnalités (qui souvent se réfèrent à une idéologie communiste, socialiste, franc-maçonne…).
Pour éviter le transfert sans parole de la morgue au cimetière ou au four crématoire, nous sommes appelés à remplir ce  service social.
Quatre éléments pourraient retenir notre attention :
1. L’Eglise peut offrir un lieu de rassemblement (église, chapelle d’hôpital, salle de l’IML) de ceux qui sont reliés au défunt ou à sa famille. Halte, pause recueillement. C’est un moment qui sort de l’utilité fébrile coutumière. Le lieu proposé peut-il être lieu d’accueil par son architecture et ses dimensions, par sa décoration, par les éléments de la cérémonie ?
2. Le célébrant est sollicité comme une compétence : un professionnel de l’animation d’une assemblée. Il a une position qui le tient un peu en dehors des mouvements émotionnels qui peuvent traverser l’assemblée. Il offre aussi un point de repère ; il est est un élément "contenant".
3. La parole peut surgir, qu’elle soit celle du célébrant ou celle de certains participants. Enfin des mots autres que "sincères condoléances" peuvent être dit; A travers l’éloge du défunt, à travers des textes,… des éléments sont proposés pour que les assistants ne restent pas abasourdis par la mort et son silence, ou par les pleurs. C’est un commencement de mise en ordre pour éviter la confusion émotionnelle, la violence ou l’identification au défunt.
4. Déjà à travers le rassemblement et la parole, ceux qui se trouvent là sont conviés à ritualier leur adieu au défunt. On peut chercher un ou des "gestes" pour que le rite prenne vraiment corps et prenne les corps. Cela peut aller du simple et respectueux défilé devant le cercueil… jusqu’au partage du pain.
Personnellement le Père Christian BIOT, souhaite travailler et mettre en oeuvre les solutions III et IV. Ces  dernières lui semble correspondre aux demandes les plus souvent rencontrées dans le ministère auprès d’un centre hospitalier.
 
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