Décomposition d’un corps – Etapes de la décomposition d’un corps – Médecine légale.

Décomposition d’un corps

Source : Guichet du Savoir.

Question  :

Comment se décompose le corps humain entre la mise en bière et l’apparition du squelette ?

Réponse du département Sciences et Techniques

L’article consacré à la datation des cadavres dans Wikipedia reprend les différentes étapes de la décomposition du corps :

La rigidité cadavérique (ou rigor mortis) est un enraidissement progressif de la musculature causé par des transformations biochimiques irréversibles affectant les fibres musculaires au cours de la phase post-mortem précoce. Cet état disparaît habituellement lorsqu’apparaît la putréfaction, c’est-à-dire au bout de deux à quatre jours selon les circonstances
La rigidité cadavérique affecte l’ensemble des muscles de l’organisme : elle débute à la nuque puis suit une marche descendante vers les membres inférieurs, comme l’indique la loi de Nysten. En effet, elle touche d’abord les petits muscles situés en haut du corps puis les muscles plus importants (en particulier les membres inférieurs) où elle prédomine ce qui explique cette marche descendante.

La rigidité débute entre 3 et 4 heures après le décès, presque toujours au niveau de l’extrémité cervico-céphalique (nuque et muscles mastiquateurs).
Elle atteint son intensité maximale entre 8 et 12 heures.
Elle se maintient ensuite entre 12 et 36 heures.
Puis elle disparaît progressivement en deux ou trois jours, lorsqu’apparaît la putréfaction.
En cas de rupture artificielle, par exemple un déplacement du cadavre, intervenant moins de 8 à 12 heures après la mort, la rigidité peut réapparaître ; ce n’est pas le cas lorsque la rupture intervient au-delà de ce délai (associée à d’autres méthodes de datation, cette considération permet par exemple de constater que le cadavre à été déplacé).

Les lividités cadavériques (ou livor mortis) sont une coloration rouge à violacée de la peau liée à un déplacement passif de la masse sanguine vers les parties déclives du cadavre, qui débute dès l’arrêt de l’écoulement du sang.
Les lividités cadavériques se répartissent de manière caractéristique sur le cadavre :
Elles apparaissent d’abord sur le cou et s’étendent ensuite à d’autre régions de l’organisme vers la quinzième heure après le décès.
Elles épargnent les points de pression : ainsi, sous l’effet de la gravitation, le sang d’une victime allongée s’accumule, s’immobilise et deviendra persistant sous la peau comprimée des parties les plus basses.
La vitesse de formation des lividités est variable.
De manière générale :
– Elles sont visibles à partir de la deuxième heure après la mort.
– Elles deviennent ensuite progressivement de plus en plus marquées pour atteindre le maximum de leur intensité à la douzième heure.

La putréfaction est la décomposition des tissus organiques sous l’influence prépondérante des bactéries hébergées par l’individu, surtout celles de la flore intestinale, ensuite des mycètes saprophytes et des bactéries minéralisantes qui envahissent le cadavre.
La putréfaction débute par :
– L’apparition d’une tache verte abdominale au niveau de la fosse iliaque droite.
– L’apparition d’une tache verte abdominale au niveau de la fosse iliaque gauche.
– L’extension de ces deux taches qui finissent par gagner progressivement toute la partie inférieure de l’abdomen.
Les divers mycètes se succèdent en groupes déterminés et cette flore se modifie suivant les altérations progressives du substrat qui constitue ainsi, à une époque donnée, un habitat d’élection pour certaines espèces de mycètes et pas pour d’autres. La putréfaction du cadavre due aux bactéries et aux mycètes saprophytes accentuant l’altération amorcée par l’autolyse, lisse des déchets que les bactéries minéralisantes feront rentrer dans le cycle des déchets de la biosphère.

De l’arrivée des insectes sur le cadavre et de leur prolifération
L’organisme humain, une fois mort, constitue une énorme réserve en nutriments pour les bactéries ainsi que pour les insectes. Les cellules du corps n’étant plus protégées par le système immunitaire, sont alors la proie d’insectes nécrophages voraces. Ces derniers vont se servir du corps de l’individu décédé, afin de se nourrir, ou de nourrir leurs progénitures. Quelques minutes après la mort de l’organisme, il se produit des réactions d’autolyse qui sont des transformations fermentatives (qui s’observent sans l’action de bactéries ou d’agents étrangers à l’organisme). Les substrats produits lors de ces réactions dégagent des odeurs spécifiques (pas forcément perceptibles par l’Homme), attirant ainsi les premiers insectes qui vont pondre leurs œufs dans les orifices naturels (sphincters, pores de la peau) et dans les blessures. La ponte se fait le plus souvent de jour et ne survient habituellement pas en dessous de 4 °C. L’apparition des larves peut se faire en moins d’un quart d’heure après la ponte. Au cours du temps, l’altération du cadavre se traduit par le dégagement d’odeurs, spécifiques à une période donnée. En effet, à mesure que la décomposition progresse, les réactions d’autolyse changent, ainsi que les substrats produits et donc les odeurs dégagées. Ces nouvelles odeurs vont repousser les femelles attirées par les premières odeurs. D’autres femelles viennent ensuite, sélectivement, coloniser le cadavre, et constituent des escouades. L’insecte est attiré sélectivement par ce qui lui convient et il évite le reste.

On dénombre en tout et pour tout sept escouades différentes, mais seules les trois premières permettent une datation précise.

La première escouade est essentiellement constituée de diptères (mouches vertes, à damiers, bleues…). Elle arrive quelques heures à peine après la mort, et à 20 °C les larves implantées dans le cadavre peuvent atteindre l’âge adulte en deux semaines.
La deuxième escouade arrive au bout d’un mois, attirée par la décomposition des matières fécales. Elle est composée de sarcophagiens et disparaît au sixième mois.
La troisième escouade apparaît entre le troisième et le neuvième mois et est constituée de dermestes (petits coléoptères) et parfois de lépidoptères, attirés par l’odeur de graisse rance.
La quatrième escouade, ou escouade coryétienne, arrive au dixième mois.
La cinquième escouade, ou escouade silphienne, environ 2 ans après le décès.
Les sixième et septième escouades achèvent le travail de leurs prédécesseurs au bout de deux ou trois ans, lorsque le corps n’est plus que poussière

Source : Guichet du Savoir.


Etape de décomposition : 

MEDECINE LEGALE.

Lividités cadavériques

Les lividités cadavérique sont des tâches violettes présentes sur les parties courbées du corps.

Origine:

La couleur violacée est directement liées aux vaisseaux sanguins qui cessent de fonctionner correctement après la mort. En effet, après la mort, le sang est attiré par la force gravitationnelle dans les parties déclives du corps.

Les lividités cadavérique sont d’abord mobiles, elles se répandent dans le corps en fonction de la pression. En effet, les points d’appui du corps ne prennent pas la couleur violacée du reste du cadavre. En position couchée, par exemple, le haut du dos, les fesses et les talons sont en contact avec le sol (ou autre surface). Le sang ne peut pas s’accumuler à ces endroit, d’où la couleur blanche de la peau.

Explication en images :  (Les lividités)

Image associée

lividite-3

Explication :

Les lividités: Ce sont des taches rose ou violacées au niveau des régions déclives, respectant les zones de pression (dues à la transsudation du sang des vaisseaux vers le tissus sous-cutanés sous l’action de la pesanteur.) Elles se forment à partir de la 3e et la 5e hr jusqu’à la 30e hr. Elles permettent d’estimer l’heure du décès, de déceler d’éventuelles manipulations et parfois d’orienter vers les circonstances du décès. Le diagnostic différentiel se pose avec les ecchymoses, les taches de putréfaction.


LA POLICE SCIENTIFIQUE   (MEDECINE LEGALE).

Investigation concernant la police scientifique en matière de médecine légale :

Réponses :

Les lividités cadavériques permettent à la police scientifique de déterminer approximativement la date du décès. De plus, en fonction de la couleur prise par les lividités cadavériques, la police peut émettre des éléments de réponse quand à la cause du décès.

Conclusions :

  • une couleur bien rouge correspond à une intoxication au monoxyde de carbone.

  • une couleur bleu correspond à une asphyxie, un malaise cardiaque ou pulmonaire.

Autres explications :

Les emplacements des lividités peuvent également permettre aux enquêteurs de déterminer si un corps a été déplacé. A l’aide de logiciels de reconstitutions, ils peuvent modéliser la scène de la mort en se basant sur les positions des lividités et ainsi créer une animation qui récapitulera les faits.

Chronologie de l’apparition des lividités cadavérique :

Apparition des premières lividités au niveau du cou entre 20 et 45 minutes après le décès. Au bout de 2 heures, les lividités descendent au niveau du cou. Au bout de 10 heures, les lividités se sont répandues dans le corps et ne répondent plus à la pression. Au bout de quatorze heures, les lividités ont atteint leur couleur et leur emplacement définitifs et sont fixées définitivement. Elles commencent à disparaître lors de la putréfaction.


MEDECINE LEGALE

LA DATATION DE LA MORT :

Outre les phénomènes cadavériques (refroidissement, rigidité cadavérique, lividités, déshydratation et putréfaction), il existe d’autres moyens pour estimer l’heure de la mort, à savoir
Réponses :
● Dosage du Na et K dans l’humeur vitrée: C’est le plus précis, il permet une estimation à 30 mn prés. 
 
● Mesure de la longueur du poil de barbe: Si l’on connaît la date du dernier rasage. La croissance du poil se fait à 1 mm/24hrs. C’est un moyen très peu fiable. 
 
● Examen histologique des ovaires: Si l’on connaît la date des dernières règles de la ♀. La couleur peut aider à estimer l’heure du décès. 
 
● Examen du contenu gastrique: Si l’on connaît la date du dernier repas, l’état de digestion des aliments peut aider à estimer l’heure du décès. C’est également un moyen très peu fiable. 
Examen du contenu de la vessie.
Autres méthode pour les cadavres purifiés:
 
● Dosage du complément C3 dans la synoviale: Permet une estimation de la date du décès jusqu’à 2 mois auparavant.
 
● Dosage de la LDH dans le tissu cardiaque: Permet une estimation de la date du décès jusqu’à 6 mois auparavant.
 

● Le dosage au C14: Permet une estimation de la date de décès jusqu’à plusieurs années auparavant.

 

A propos thanatofrance

Souhaitant promouvoir la profession de thanatopracteur et d'élaborer également une aide aux étudiants thanatopracteurs, des thanatopracteurs professionnels ainsi qu'un collège de thanatopracteurs avons souhaité mettre en ligne ce site qui nous l'espérons vous apportera toutes les aides en vue de la préparation au diplôme National de Thanatopracteur. Toutes suggestions étant bien venues ! Le Président. POLIMENI Carmel.
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Un commentaire pour Décomposition d’un corps – Etapes de la décomposition d’un corps – Médecine légale.

  1. jean-Louis Marguerin dit :

    Madame ,monsieur
    Bonjour

    Je fais partie d’une association écologique ,et,dernièrement on a évoqué le cas des différences d’inhumation(enterrement,crémation en cercueil en carton ou en bois)
    la base de départ d’une collègue:

    « j’ai commencé à me renseigner sur la crémation.

    Le cercueil, bois ou carton, est introduit dans le four et plusieurs bruleurs à gaz, l’attaquent à une température de 800 °C environ. Au bout de 30 minutes, un peu plus si c’est un cercueil carton les bruleurs sont éteints et le corps s’autoconsumme. » (SIC )

    Donc, plus de gaz si c’est un cercueil carton. De la à en déduire quelque chose en terme de bilan carbone ! ça reste à étudier »
    Un peu de physique:
    pouvoir calorifique du carton et du bois :environ 4000 kcal /kg
    un cercueil en carton pèse environ 7 kg
    un cercueil en bois pèse environ 50 kg soit 7 fois plus donc 7 plus de calorie fournies et une économie de gaz en rapport
    Ce qui m’a fait penser à une chose, le corps humain est constitué d’environ 50 à 70% d’eau ,ce qui absorbe de l’énergie.Si on réussissait à éliminer cette eau (déssication ,lyophilisation) ,on économiserait d’autant du gaz de combustion.
    Encore un peu de physique:
    L’eau bout à 100°C au niveau de la mer ou 1 bar absolu environ ,à 60° C à une pression de 200 mBars absolus et à 45°C à 100mbars absolu.
    Donc:
    -pourquoi ne pas récupérer la chaleur du crématorium pour la stocker sous forme solide (échangeur à briques réfractaires à accumulation) ou liquide (une chaudière tubulaire avec circulation d’un fluide caloporteur -une huile en général).
    Cette chaleur servant à réchauffer un cadavre jusqu’à 45 ou 60°C à coeur (sonde thermique) dans un caisson étanche.Une fois arrivé à température ,on fait le vide dans le caisson pour pratiquer une lyophilisation et évacuer l’eau ,le caisson étant pesé électroniquement.pour économiser encorede l’énergie on peurt alimenter le pompes de circulations de fluide caloporteur et la pompe à vide par des cellules photovoltaïque ou le faire la nuit après 22 heures en heures creuses.
    Un automate enregistre les différents paramètres (températures,pression ,poids du corps ,etc) ce qui permet de faire des bilans.

    -y-a-t-il des études sur la lyophilisation des cadavres avant crémation ?
    -est-ce légal ?
    -le bilan énergétique est-il positif ?

    Cordialement
    Salutations

    Jean-Louis Marguerin
    202 avenue du Mont-Gaillard
    76620 Le Havre
    tél:02 35 54 02 63

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